Architecture

Un abri primitif et autonome

15 Fév 2024

Dans le prolongement de l’histoire du bâti, cette petite cabane de 65 m2 située à 1000 m d’altitude dans la commune de Bex conserve la mémoire d’une écurie construite en 1935 et transformée en résidence secondaire dans les années 1960. En trop mauvais état, celle-ci a été entièrement démolie. Une réalisation de l’agence Cloux Architecture. 

 

© Daniela Droz et Tonatiuh Ambrosetti. Parution EC1/2005

Cabane Cloux Architecture.

 

© Daniela Droz et Tonatiuh Ambrosetti. Parution EC1/2005

Cabane Cloux Architecture.

 

La nouvelle construction reprend l’implantation et le volume aux proportions harmonieuses de la cabane qui a dû être démolie. Tel un abri, la cabane s’intègre dans le paysage en s’installant sous les arbres qui filtrent le gain solaire selon les saisons. La position des ouvertures est quant à elle repensée afin de répondre aux besoins de lumière et de points de vue.

 

© Daniela Droz et Tonatiuh Ambrosetti. Parution EC1/2005

Cabane Cloux Architecture.

 

La construction privilégie une matérialité et des artisans locaux ainsi qu’une mise en œuvre traditionnelle, à la main. Les bois de mélèze et d’épicéa sont déclinés sous différentes formes dans les murs, la toiture, leur revêtement et les menuiseries. Introduit en raison de son inertie, le béton est présent dans le noyau central et au sol avec une chape cirée. Son aspect brut contraste avec la délicatesse omniprésente du bois. Les avant-toits de la toiture en bardeaux de mélèze fendus et cloués, typiques de la région, accentuent le côté protecteur de l’abri.

 

© Daniela Droz et Tonatiuh Ambrosetti. Parution EC1/2005

Cabane Cloux Architecture.

 

© Daniela Droz et Tonatiuh Ambrosetti. Parution EC1/2005

Cabane Cloux Architecture.

 

© Daniela Droz et Tonatiuh Ambrosetti. Parution EC1/2005

Cabane Cloux Architecture.

 

L’approche spatiale et constructive est claire, minimaliste et efficace. Dans un parcours quelque peu corbuséen, le projet propose un plan ouvert aux espaces différenciés et contrastés. Un bloc central qui contient la douche, le local technique et la cheminée articule l’espace. Un vestibule en antichambre conduit, en descendant une petite marche, vers la pièce principale ; cette dernière s’ouvre sur le grand paysage grâce à une baie vitrée orientée vers le lac et les montagnes.

 

La cabane fonctionne en autonomie complète. Une cheminée, des panneaux solaires, un fourneau potager pour la cuisine et l’eau chau- de sanitaire, une source d’eau naturelle et une tranchée filtrante pour les eaux usées entraînent une élongation du temps et permettent de re- trouver un rythme plus lent, sans pour autant compromettre le confort usuel. Confort qui est par ailleurs renforcé par le choix d’un mobilier intemporel, issu du mouvement moderniste des années 1920.

 

En questionnant les notions de simplicité, de temps et de confort, le projet prône un retour à l’essentiel. Sa forme atemporelle et universelle reprend l’idée d’un refuge primitif, ouvert sur le paysage. Par un processus de raffinement qui rationnalise chaque élément, l’objet devient à la fois singulier dans la production architecturale d’aujourd’hui et pourtant familier: il se réfère à des logiques presque intuitives de se rassembler autour du feu, en relation avec la nature et de prendre conscience de soi-même.

 



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