Inspirations

Escapades en alpage

05 Oct 2026

Pour beaucoup, l’été 2026 incarnera un nouveau marqueur socio-catastrophique. D’une part parce que les températures ont été tout bonnement affolantes, faisant de cette période la plus chaude jamais enregistrée, de l’autre parce que nombre de personnes tâchent de remettre un peu de sens dans leurs voyages ego-touristiques. Ainsi, la cabane, refuge, mazot ou quel que soit le nom qu’on veut bien lui donner, semble cocher toutes les cases d’un habitat durable, humain et… au frais. Si le marché est encore de niche, l’urgence climatique (relire Cabane d’Abel Quentin si le cœur vous en dit, éditions de l’Observatoire) semble nous indiquer qu’il va falloir se mettre d’accord et de concert pour « déplacer des montagnes ». Ce qui est loin d’être gagné.

 

1/ Minipocket house, écolodge d’Alpage

 

Plutôt refuge ou subterfuge ? Plutôt car postal ou carte postale ? Plutôt raquette ou raclette ? Et si on prenait toutes les options…

Situées en bordure du village de la Sage, dans le Val d’Hérens valaisan, les trois minipockethouse sont des micro-habitats pensés avec une exigence d’authenticité tout autant que de simplicité par le bureau MPH Architectes. Le projet s’articule autour d’un espace de vie central qui s’ouvre en toute fluidité sur trois alcôves entièrement vitrées, créant ainsi un espace continu et baigné de lumière plutôt qu’une succession de pièces fermées. Une table et de simples tabourets constituent le cœur de la vie sociale du logement, un lieu où se retrouver, manger ou jouer. L’espace douche propose un rituel simple : on se lave à l’aide d’un godet, en puisant et en versant l’eau avec soin, redonnant ainsi un sens aux gestes du quotidien.

Des mazots réduits au maximum où l’idée est de se « ressourcer dans un espace où l’essentiel est présent sans superflu, où les gestes du quotidien reprennent leur sens et le temps est pris pour les effectuer ». Pour le dire simplement, il invite à habiter autrement.

Une bonne manière de réveiller le Robinson qui sommeille en vous (même si le village est à 5 minutes à pied).

Alors, plutôt tout de suite ou bientôt ?

 

© Stéphane Millet

Minipocket house, village de la Sage

 

© Stéphane Millet

Minipocket house, village de la Sage

 

2/ Scheune, loft d’alpage

 

De là-haut, on a une vue splendide sur l’Eiger, le Mönch et la Jungfrau, les Alpes bernoises et le lac de Thoune. Situé à 1200 mètres d’altitude, Beatenberg passe pour le plus long village d’Europe, car constitué d’une succession de hameaux qui s’égrènent au long d’une « rue principale » de 7 kilomètres au lieu de s’organiser autour d’un centre de village.

La Scheune, elle, aurait plus de 200 ans d’âge, et une typologie classique de moyenne montagne : « L’étage supérieur, avec ses madriers taillés sur deux faces, servait de grange à foin, alors que le rez-de-chaussée accueillait les vaches. »

Reconstruite « à l’identique », c’est-à-dire en s’approchant au mieux des techniques d’alors mais avec les connaissances actuelles, elle est devenue un refuge patrimonial. « Le rez-de-chaussée est occupé par une vaste entrée, la salle de bain et un espace de rangement. L’étage supérieur a été aménagé en un loft d’un seul tenant, faisant tout à la fois office de cuisine, de salle de séjour et de chambre à coucher. »

Suivant le principe de la « maison dans la maison », l’ancienne grange est devenue l’enveloppe d’un nouveau bâtiment. Un appartement-témoin d’une époque où il faisait bon vivre.

 

© Studio Gataric Fotografie

La Scheune, Beatenberg

 

© Studio Gataric Fotografie

La Scheune, Beatenberg

 



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