We are family!
Pour sa 10e édition, la Biennale Images Vevey investit la Riviera vaudoise du 5 au 27 septembre 2026. Une édition anniversaire placée sous le signe des retrouvailles et des liens, avec un thème qui s’impose presque naturellement : « We are family! ».
The Garden, Siân Davey © Biennale Images Vevey 2026 / Laetitia Gessler
Depuis 2008, Images Vevey a fait de la ville un terrain d’expérimentation à ciel ouvert pour la photographie contemporaine. Neuf éditions, plus de 450 artistes venus d’une soixantaine de pays et, surtout, une manière singulière d’envisager l’exposition : sortir l’image des espaces qui lui sont traditionnellement réservés pour la confronter à l’architecture, au paysage et à l’espace public. Monumentales ou plus intimes, en intérieur comme en extérieur, les installations sont conçues sur mesure et composent, tous les deux ans, un parcours à travers Vevey.
The Elegance of Time, Anoush Abrar © Biennale Images Vevey 2026 / Muto / William Gammuto
« We are family! »
Pour cette édition anniversaire, la famille devient à la fois sujet, fil conducteur et déclaration d’intention. Famille biologique ou choisie, affective, artistique, sociale ou politique : le thème se déploie dans toute son ambiguïté et sa diversité. À une époque où les modèles traditionnels se recomposent et où les appartenances se redéfinissent, la Biennale s’intéresse moins à une définition figée de la famille qu’aux liens qui nous réunissent, nous construisent et parfois nous confrontent.
Une notion de famille qui prend cette année une résonance toute particulière pour Images Vevey, elle-même marquée par la disparition récente de l’un de ses plus fidèles complices. Le photographe Martin Parr, disparu en décembre dernier, incarnait à merveille l’esprit du festival : espiègle, exigeant et profondément humain. Fidèle complice autant que figure tutélaire, il avait participé à trois éditions consécutives, laissant à Vevey certaines de ses œuvres les plus jubilatoires. Stefano Stoll salue en lui « un parrain généreux, malicieux et inspirant », qui avait incité le festival à « sortir du cadre » et à penser l’image différemment.
Imilla, Luisa Dörr © Biennale Images Vevey 2026 / Margaux Corda
50 projets dans toute la ville
Sur les 50 projets déployés dans la ville, quelques installations s’imposent avec une force particulière, chacune interrogeant à sa manière les liens qui nous constituent.
Sur la façade de la BCV et à la Place de la Gare, The Garden de Siân Davey ouvre le parcours comme une ode au vivre-ensemble: la photographe britannique y célèbre les liens qui unissent les êtres vivants, et glisse dans cette exploration un hommage à Martin Parr, dont le regard malicieux plane sur toute cette édition anniversaire.
Au Musée Jenisch Vevey, Kata Geibl interroge avec Something Old, Something New, Something Borrowed, Something Blue la manière dont nous rêvons et communiquons à l’ère numérique. Le Grand Prix Images Vevey 2025/2026, Abdulhamid Kircher poursuit avec To Be Held By The Earth son travail sur la masculinité, en observant les démonstrations de tendresse et de fraternité dans un cadre singulier: la lutte à l’huile en Turquie. Stacy Kranitz, Prix du Livre Images Vevey 2025/2026, signe quant à elle Ain’t No Grave Gonna Hold My Body Down, qui montre comment la photographie a tour à tour documenté la pauvreté et servi d’outil de propagande, d’oppression ou de rédemption, en s’attachant à la région des Appalaches, historiquement associée à la misère économique et sociale.
Au Musée de la Confrérie des Vignerons, Rineke Dijkstra, membre du jury 2025/2026 d’Images Vevey, présente Almerisa, sa plus longue série de portraits: trente-six ans de suivi d’une même femme, depuis son premier cliché en 1994, à cinq ans, dans un centre pour réfugié·e·s à Leiden. Juste en face, son installation vidéo Marianna (The Fairy Doll) montre une fillette de dix ans répétant son audition pour une académie de danse russe, entre insouciance enfantine et exigences du monde adulte. Dans les combles du château, Annelies Štrba livre avec Shades of Time 2 une méditation sur le temps et la mémoire: un diaporama réinterprété numériquement, traversant quatre générations de sa famille entre 1970 et 2020.
À la dépendance de l’Hôtel des Trois Couronnes, Erika Stucky ouvre son album de famille performatif avec Queen Of F*cking Everything. Ces images, projetées depuis des années lors de ses concerts, retracent quarante-quatre ans d’une vie passée sur la route ou auprès des siens, et révèlent la photographe derrière l’auteure-compositrice-interprète.
Enfin, à la Salle del Castillo, JR célèbre les quinze ans de son Inside Out Project: plus de 800 portraits de visiteur·euse·s tapissent désormais la salle, rappelant avec évidence que la famille, c’est vous.
Biennale Images Vevey – We are family!
Du 5 au 27 septembre 2026
Vevey
Entrée libre








