Une renaissance architecturale
Au nord de Naples, l’architecte Antonio Zagaria insuffle une nouvelle identité à une maison tout en conservant sa substance historique. Située à quelques pas de la cathédrale d’Aversa et du centre commerçant, elle renaît autour d’un espace inattendu : une cour intérieure végétalisée, véritable cœur du projet. Installée dans un bâtiment de la fin du 19e siècle, elle a été entièrement repensée pour rétablir une circulation fluide et cohérente, là où les rénovations passées avaient morcelé les volumes. Le point central ? Un majestueux Ficus Benjamina, aux racines séculaires, mis en scène dans une structure en verre et métal qui inonde l’intérieur de lumière. Autour de cette oasis s’articulent les pièces de vie, pensées dans une continuité élégante, où chaque meuble et chaque matériau participent à une atmosphère aussi raffinée qu’intemporelle.
Au cœur du rez-de-chaussée, le patio accueille un majestueux Ficus Benjamina.
Autour de ce patio s’articulent la cuisine, le salon et le bureau, dans une organisation fluide, pensée pour privilégier les circulations naturelles. Pour répondre au souhait des propriétaires d’une cuisine plus vaste, l’architecte a imaginé une structure verrière d’inspiration industrielle, avec encadrements en métal noir, qui permet de préserver l’ouverture du jardin tout en inondant les espaces de lumière naturelle. À l’étage, une grande terrasse relie visuellement le second salon et la suite parentale, entièrement meublée sur mesure. Les chambres d’enfants occupent quant à elles le dernier niveau, assurant une répartition fonctionnelle et sereine des différents volumes.
Dans le living, le canapé On the Rocks et la table Cicladi d’Edra, lampadaire Ettorino F de Catellani & Smith. Aux murs, les œuvres de Bruno Donzelli et Francesco d’Alessandro.
Fluidité retrouvée et volumes sur mesure
Cette idée de légèreté traverse tout le projet, jusque dans l’escalier suspendu qui remplace une structure bétonnée trop massive. Chaque marche en bois est en porte-à-faux et semble flotter dans l’espace à partir d’une plateforme rétroéclairée en guise de seuil. L’intérieur, structuré par des matériaux naturels comme le marbre, le grès cérame ou le parquet en afrormosia huilé, combine rigueur géométrique et chaleur organique. Fidèle à cette tension entre passé et modernité, le mobilier signé Edra, aux lignes sculpturales, contraste avec la sobriété architecturale pour composer un cadre élégant, raffiné, profondément ancré dans son temps.
La maison a été pensée comme un riad d’inspiration occidentale, où tous les espaces communiquent entre eux.
La cuisine Boffi est dotée d’un îlot en ébène et d’un plan de travail en marbre noir.
Un mobilier-signature pour écrire l’espace
Au-delà de l’architecture, le design intérieur incarne l’autre dimension essentielle du projet. Chaque meuble, chaque objet, a été choisi avec exigence pour créer un univers cohérent, à la fois raffiné, habité et résolument contemporain. Dès l’entrée, le ton est donné : meuble Scrigno d’Edra, lampe Taccia de Flos, portemanteau Sciangai de Zanotta. Dans le salon, les pièces d’Edra — canapé On the Rocks, table Cicladi, fauteuils Blue Velvet — dialoguent avec les luminaires sculpturaux de Catellani & Smith ou la lampe Shogun d’Artemide.
La cuisine, signée Boffi, joue sur les contrastes : portes en ébène, plan de travail en marbre noir, colonnes laquées et bibliothèque Zenit de Rimadesio en prolongement. Les matériaux participent eux aussi à cette esthétique maîtrisée : marbre, grès cérame de Cotto d’Este. Dans les espaces plus intimes, on retrouve le bureau Cavour de Zanotta, le fauteuil Chester de Poltrona Frau, les rangements Poliform, ou encore le fauteuil rouge Getsuen de Masanori Umeda, posé au pied de l’escalier. À l’étage, le coin lecture se compose d’un fauteuil Le Bambole (B&B Italia), de la bibliothèque Piroscafo de Molteni&C et d’une table basse de Gae Aulenti pour FontanaArte.
Les œuvres de Bruno Donzelli et les photographies de Francesco d’Alessandro ponctuent les murs. La blancheur des volumes, volontairement dominante, agit comme un révélateur : ici, le mobilier devient l’acteur principal et chaque pièce, savamment mise en scène, compose une atmosphère à la fois élégante, sereine et profondément contemporaine.
À l’entrée, des arcs communicants ouvrent la perspective jusqu’au séjour, en passant par la salle à manger. Autour de la table, les fauteuils Blue Velvet d’Edra.
La salle de lecture, le fauteuil Le Bambole de B&B Italia dialogue avec la bibliothèque Piroscafo de Molteni&C et la table basse de Gae Aulenti pour FontanaArte.
Zone nuit avec un parquet Afrormosia de CP Parquet.
Salle de bain, une double vasque en marbre coiffe un meuble de rangement fait sur mesure.
Devant l’escalier, le fauteuil Getsuen rouge d’Edra.
L’architecte Antonio Zagaria, concepteur des travaux de restauration.










