Céramique, l’héritage au service de la durabilité
Une technique plusieurs fois millénaire. Un matériau durable, inerte et aisément recyclable. À l’heure où la transition écologique impose de repenser nos modes de production, la céramique démontre que la durabilité repose avant tout sur la longévité des matériaux, une fabrication responsable tout au long du cycle de vie, des performances techniques élevées et une véritable valeur esthétique. Des enjeux qui seront largement explorés lors de Cersaie 2026, à Bologne, du 21 au 25 septembre 2026.
R&D de Ceramiche Refin : collection Osmos
Face à l’urgence climatique, la question n’est plus seulement d’innover, mais de produire autrement. Si les avancées technologiques occupent le devant de la scène, une autre approche gagne du terrain : celle qui consiste à réinterpréter des savoir-faire éprouvés à l’aune des exigences environnementales contemporaines. Entre héritage et innovation, une nouvelle voie se dessine.
Certaines techniques ont traversé les siècles précisément parce qu’elles répondaient avec justesse aux besoins de leur époque. Aujourd’hui, leur capacité à dialoguer avec les technologies les plus avancées ouvre des perspectives inédites, où tradition et industrie ne s’opposent plus mais se renforcent mutuellement.
L’industrie de la céramique en offre une illustration exemplaire. Apparue dès le Néolithique, elle a su évoluer sans renier ses fondamentaux. Ce matériau ancestral conjugue aujourd’hui des qualités rarement réunies : une remarquable longévité, une grande inertie, un faible impact environnemental tout au long de son cycle de vie et une recyclabilité qui s’inscrit pleinement dans les principes de l’économie circulaire.
La porte d'Ishtar, édifiée vers 500 av. J.C., aujourd'hui conservée au Pergamonmuseum de Berlin.
L’Italie et sa filière
En matière de céramique, l’Italie fait figure de référence. Les données publiées par Confindustria Ceramica témoignent de la transformation profonde d’une filière qui a intégré les technologies les plus avancées pour réduire l’empreinte environnementale de ses procédés de fabrication, sans renoncer à un savoir-faire plusieurs fois centenaire. Cette expertise industrielle s’impose aujourd’hui comme un modèle à l’échelle internationale et contribue à définir les Best Available Techniques (BAT), les standards de référence de l’industrie céramique.
Le siège de Confindustria Ceramica, à Sassuolo, au cœur du Distretto Ceramico italien.
La démarche commence dès le choix des matières premières. Les argiles proviennent majoritairement de carrières situées à proximité des sites de production, limitant les transports et favorisant les circuits courts. L’exploitation s’accompagne de programmes de réhabilitation destinés à restituer les paysages et à restaurer la biodiversité une fois les gisements épuisés.
La fabrication elle-même a connu d’importantes évolutions. La cuisson, phase la plus énergivore, bénéficie désormais de systèmes de cogénération et de récupération de chaleur qui alimentent le séchage des produits, réduisant sensiblement les besoins en gaz. Parallèlement, le cycle de l’eau fonctionne aujourd’hui en quasi-circuit fermé, limitant les prélèvements dans les ressources naturelles.
Dans cette logique d’économie circulaire, les résidus de fabrication – poussières, rebuts et eaux de procédé – sont réintroduits dans le processus de production. Une approche qui fait du « zéro déchet » un objectif désormais largement atteint par la filière.
La durabilité du grès cérame tient également à son exceptionnelle longévité. Avec une durée de vie pouvant dépasser cinquante à soixante-quinze ans, il surclasse la plupart des matériaux de revêtement. Une fois déposé, ce matériau inerte et non dangereux peut être concassé puis valorisé sous forme de granulats, de remblais ou de sous-couches routières, prolongeant ainsi son cycle de vie tout en limitant le recours à la mise en décharge.
Mais la durabilité ne se résume pas aux performances environnementales ou techniques. Pour traverser le temps, un matériau doit aussi conserver sa capacité à séduire. L’esthétique n’est pas un supplément d’âme : elle constitue l’une des conditions essentielles de sa pérennité.
RAK Ceramics – Collection Pietra di Bourges. grès cérame. rakceramics.com
Une dimension esthétique forte
Ceramiche Keope – Collection CottoMilano. Grès cérame. keope.com
Depuis plus de quarante ans, la céramique italienne bénéficie d’une stratégie de rayonnement portée par les institutions et des organismes tels que l’ICE (Agence italienne pour le commerce extérieur). Cette politique de long terme a largement contribué à faire connaître, bien au-delà des frontières italiennes, un savoir-faire qui conjugue excellence industrielle, innovation et culture du projet. De l’architecture aux aménagements intérieurs, des surfaces de revêtement aux réalisations publiques et privées, la céramique italienne n’a cessé d’élargir son champ d’application. Temps fort de cette dynamique, le salon international Cersaie réunira à Bologne, du 21 au 26 septembre 2026, l’ensemble des acteurs de la filière. Architectes, designers, prescripteurs et industriels y découvriront les dernières innovations d’un secteur qui demeure une référence mondiale.
En images, quelques exemples parmi les collections présentées au salon Cersaie
Cersaie 2026
Du 21 au 25 septembre
Bologne, Italie









