Actus

Sculptures à ciel ouvert

19 Juil 2018

La belle saison est propice aux expositions en plein air. Cet été, notre sélection nous transporte du Havre en Écosse.

 

Après la pluie, le beau temps et avec lui le retour du rêve nomade. Les globe-trotteurs amateurs d’art contemporain auront l’embarras du choix cet été. La tendance s’accentue et les parcs de sculptures occupent de plus belle l’espace public. Notre sélection porte sur cinq d’entre eux.

 

The Line

Premier parcours artistique dédié à l’art contemporain dans la ville de Londres, The Line s’étend le long du Greenwich Meridian. Situé sur la ligne imaginaire qui sépare la ville d’est en ouest, le célèbre méridien marque le degré zéro de longitude, soit le point de départ de toutes les zones temporelles du monde. Le programme d’exposition en plein air initié en 2015 se développe progressivement et à ce jour une quinzaine d’oeuvres d’artistes, essentiellement britanniques, sont données à voir.

 

 

©Chris Tubbs

The Line, Londres. Alex-Chinneck, A-Bullet-from-a-Shooting-Star.

 

 

Un été au Havre

La lumière dans laquelle baigne Le Havre séduit d’emblée. De plus, il émane de sa structure étrangeté et poésie. D’ailleurs, depuis 2005, la ville portuaire, reconstruite après la Deuxième Guerre mondiale par l’atelier d’architecture Auguste Perret, est inscrite au patrimoine mondial de l’humanité. Dans ce décor incroyable, déjà mis à l’honneur dans ses films par le réalisateur Aki Kaurismäki, aura lieu la « saison 2 » des grandes manifestations engendrées l’an dernier pour fêter les 500 ans de la ville. Elles se poursuivront sous le signe des éléments : feu, eau, air et terre. Un parcours d’oeuvres d’art dans la ville est prévu dont la réinstallation sur la plage de l’oeuvre monumentale UP#3 de Sabina Lang et Daniel Baumann.

 

 

Un été au Havre, Le Havre. Sabina Lang et Daniel Baumann, UP3.

 

 

Triennale de Beaufort 2018

« Beaufort » c’est l’évocation instantanée d’un paysage marin un peu fané. On pense à Léo Ferré, à Arno et «aux chevaux de la mer fracassant leur crinière devant le casino désert ». Et c’est justement dans ce décor naturel du littoral belge qu’a lieu une triennale d’art. Depuis 2003, une vingtaine d’oeuvres réparties dans neuf communes belges ont été régulièrement présentées tous les trois ans. Au fil du temps et des acquisitions, un parc de sculptures pérennes a pris forme. Pour l’édition 2018 de la triennale, la mer joue toujours le rôle principal, avec en second plan celui occupé par les monuments. Comment donnent-ils un sens à un endroit ? Dans quelle mesure la puissance de leur message est-elle assujettie à l’air du temps ? Fragment de réponse : l’oeuvre Men de Nina Beier inspirée des sculptures équestres et qui représente un groupe d’hommes à cheval, en posture guerrière. La sculpture installée dans un endroit atypique, sur la plage, tout près de la mer, apparaît et disparaît selon le flux et le reflux des marées, symbolisant par là-même les aléas du pouvoir.

 

 

©Nina Beier

Triennale de Beaufort, Belgique. Men, Nina Beier.

 

 

Vent des Forêts dans la Meuse. 

45 kilomètres de sentiers en forêts et une centaine d’oeuvres d’art disséminées dans les bois, c’est l’expérience proposée par Vent des Forêts au coeur du département de la Meuse, en France, dans la région Grand Est. À l’initiative de six villages agricoles et forestiers, un projet humain et culturel a vu le jour qui privilégie les rencontres et le travail des artistes plasticiens d’aujourd’hui avec les habitants et les artisans locaux. Plus de 200 oeuvres ont ainsi été réalisées depuis 1997, et à la centaine toujours visible aujourd’hui s’ajouteront cet été 8 nouveaux projets dont celui de l’artiste suisse Beat Lippert. Pour ceux qui voudraient profiter de l’expérience immersive totale, il est possible de dormir au Vent des Forêts, dans le Nichoir conçu par la styliste Matali Crasset. L’hébergement niché dans les bois, est équipé d’un four à bois, de lampes à dynamo et de toilettes sèches.

 

 

Vent des Forêts, France. Beat Lippert Carrière.

 

 

Jupiter Artland en périphérie d’Edimbourg

À moins d’une heure d’Edimbourg se trouve le parc de sculptures Jupiter Artland, qui fête ses dix ans cette année. L’aventure artistique du lieu a commencé en 1999 lorsque Robert et Nancy Wilson ont acquis la Bonnington House, un manoir jacobin situé dans 50 hectares de jardin. Depuis, les oeuvres pérennes d’une soixantaine d’artistes ont été réalisées et la collection s’étoffe chaque année. La promenade qui traverse ce parc de sculptures est une délicieuse expérience immersive. Les espaces verts sont soigneusement scénographiés, chaque oeuvre parfaitement intégrée, et de par l’ampleur du parc, chacune dispose d’un espace dédié. Cet été, Gateway de l’artiste portugaise Joana Vasconcelos viendra compléter l’ensemble.

 

 

Jupiter Artland, Écosse. Joana Vasoncelos, Gateway.

 



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