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La Pavillon suisse à la Biennale d’art de Venise

04 Juin 2019

Invitées par la curatrice Charlotte Laubard, les artistes Pauline Boudry et Renate Lorenz investissent le Pavillon suisse au Giardini lors de la 58e Biennale d’art de Venise.

 

 

Pauline Boudry et Renate Lorenz

 

Le jury indépendant nommé par Pro Helvetia pour définir le contenu du Pavillon suisse de la Biennale d’art de Venise a donné carte blanche à l’historienne de l’art et curatrice Charlotte Laubard, également professeure responsable du Département des arts visuels de la Haute École d’art et de design de Genève. Ses projets questionnent à l’échelle nationale et internationale les limites des catégorisations artistiques et interrogent le rôle de l’art dans notre société. Ses recherches traitent aussi de la valeur d’usage de l’art, de l’impact du numérique dans une société en pleine mutation culturelle et des pratiques d’apprentissage autodidactes.

 

En phase avec l’accent plus féminin de l’édition 2019 – il y a 50% de représentation féminine dans l’exposition principale de la Biennale cette année – Charlotte Laubard a invité le duo formé par la Vaudoise Pauline Boudry et l’Allemande Renate Lorenz. Leur propos s’inscrit évidemment dans la continuité des dispositifs antérieurs que les deux artistes à l’aura internationale développent depuis leurs débuts. « À partir d’un questionnement sur la notion de genre, Pauline Boudry et Renate Lorenz interrogent les normes qui régissent nos représentations et notre vie en société », souligne Charlotte Lombard.

 

Suite à leur rencontre à Zurich à la fin des années 1990, les artistes signent depuis une oeuvre commune où se mêlent étroitement les dimensions politiques et esthétiques. Les questions liées à l’identité sexuelle et aux rapports de domination qui les encadrent sont le fil rouge de leur démarche nourrie par leur immersion dans la scène queer. La position du spectateur dans l’oeuvre et du performeur face à la caméra est également au centre de leurs préoccupations. Quand débute la performance, quand s’achève-t-elle ? Que se passe-t-il hors champ ou backstage ? Comment le performeur entre-t-il en relation avec la caméra et à quel moment le spectateur se substitue-t-il à lui en tant qu’acteur du dispositif ? En mettant en évidence des mécanismes de monstration, habituellement tenus cachés dans l’artificialité du contexte de l’art, leurs installations, films et performances sont conçus comme des dispositifs propres à inventer d’autres manières d’être au monde, qui ne seraient plus clivées par des catégorisations et des binarismes identitaires.

 

58e Biennale de Venise

Pavillon suisse, Giardini
Venise
Du 11 mai au 24 novembre

 

 

©Pro Helvetia / KEYSTONE Gaëtan Bally

Pauline Boudry / Renate Lorenz, Moving Backwards, Pavillon Suisse de la 58e Biennale d’art de Venise, 2019. Courtesy the artists

 



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