Maison Pratique

Mille et une formes d’escalier

10 Août 2017

Trait d’union entre les étages, l’escalier est sans doute l’élément qui cristallise le mieux les réflexions esthétiques des architectes, comme en témoignent ses formes variées.

On le dit « droit » lorsqu’il n’est constitué que d’une seule volée et de marches rectangulaires, « à quartier tournant » lorsqu’il adopte un changement de direction à 90° sans palier intermédiaire. L’escalier « hélicoïdal » appelé aussi « à vis, en spirale ou en colimaçon » se distingue, lui, par des marches qui se développent autour d’un noyau cylindrique.

Or, si ces termes courants relatifs aux directions de la volée et à son encombrement nous sont fort utiles, ils ne peuvent suffire à décrire les mille et une formes de l’escalier. Avec ou sans contremarches, avec ou sans limons et paillasses, à la française, à l’anglaise, fixé au mur ou encore soutenu par lui… les principes constructifs de l’escalier s’avèrent déterminants quant à son allure. C’est d’eux que dépendra au final le résultat esthétique, que l’on choisisse un modèle aérien, théâtral, graphique ou sculptural. Exemples de réalisations.

 

  • Réalisation de Sarah Lavoine. ©Sarah Lavoine

    Escalier sur limon central. Un modèle en acier sur mesure dessiné par la décoratrice Sarah Lavoine, www.sarahlavoine.com

  • Escalier de l’atelier MaDe. ©MaDe

    Escalier suspendu. Cet escalier en acier de l’atelier MaDe (www.atelier-made.com) est littéralement suspendu en partie haute, ce qui le déconnecte des murs comme du sol. Le rideau de Plexiglas de 12mm d’épaisseur, qui fait office de garde-corps, souligne le dessin très minimaliste de l’escalier. Idem pour l’absence de fût central.

  • Escalier de la société Bollschweiler Associés SA. ©Bollschweiler Associés SA

    À la française. Dans l’escalier à la française, les marches sont encastrées dans deux limons, les limons étant des poutres de forme longue et rectangulaire, positionnés perpendiculairement aux marches et rampant du sol au palier supérieur. Ce modèle de la société Bollschweiler Associés SA présente des marches en chêne massif blanchi, limons laqués blanc, garde-corps en verre, éclairage encastré, www.bollschweiler.swiss

  • Escalier réalisé par Keller Treppen. ©Keller Treppen

    Entre deux limons découpés. Une variation de l’escalier à la française dans laquelle les limons, qui supportent les marches au niveau de leur largeur, ont été découpés en zigzag. À noter aussi l’absence de contremarche. Une réalisation Keller Treppen, www.keller-treppen.ch

  • Réalisation de l’architecte Max Camoletto. ©Photo : Grazia Branco

    À la française. Escalier en bois enchâssé dans une structure métallique dont l’originalité vient du fait que les marches dépassent légèrement des limons qui l’encadrent. Architecte Max Camoletto.

  • Réalisation de Sarah Lavoine. ©Sarah Lavoine

    À l’anglaise. Il s’agit d’un escalier dont les marches reposent sur (et non pas entre !) deux crémaillères. Comme les limons, les crémaillères sont de longues poutres positionnées perpendiculairement aux marches et rampant du sol au palier supérieur, mais elles ont une longueur découpée en zigzag afin d’épouser la forme de la volée. Ce modèle ancien a été customisé par la décoratrice Sarah Lavoine (www.sarahlavoine.com) qui a peint en noir les contremarches et la rampe. Les marches présentent un nez, c’est-à-dire un bord avant en saillie par rapport à la contremarche inférieure.

  • Escalier réalisé par Keller Treppen. ©Keller Treppen

    Sur limon central. Marche en chêne massif posé sur un limon crémaillère central. Balustrade avec barreaux verticaux. Une réalisation Keller Treppen, www.keller-treppen.ch

  • Escalier customisé par Giuseppe Mangia et l’architecte Silvia Pedron. ©Photo Fabrizio Cicconi/Living Inside

    Sur limon central. Escalier entièrement en bois, décoré de numéros qui font partie de la collection de lettres typographiques du propriétaire. Customisation : Giuseppe Mangia et l’architecte Silvia Pedron.

  • Escalier AVC. ©AVC

    Sur deux limons centraux. Escalier en aluminium AVC dont les marches présentent une forme effilée. www.avc.eu

  • Escalier Columbus. ©Columbus

    Sur mur d’échiffre. Le mur d’échiffre désigne un mur maçonné du côté du jour central sur lequel prennent appui les marches d’un escalier. Ici un modèle de Columbus habillé de bois clair, www.columbus.ch

  • Une réalisation de Michela Curetti. ©Photo Mads Morgensen

    Sur mur d’échiffre. Si la cage d’escalier a été couverte d’une tapisserie de soie violette Rubelli, les marches sont en chêne. Une réalisation de Michela Curetti.

  • Escalier sur un placard ©Photo Another Country

    Sur placard. Garde-corps et placards ont été réalisés dans les mêmes planches de bois laquées pour un effet des plus original.

  • Réalisation de l’Atelier Mep. ©Atelier Mep

    Sur placard. Bureau et placards sont intégrés dans la composition de l’escalier avec pour objectif d’optimiser la surface à disposition tout en assumant une fonction structurelle pour l’escalier. Le garde-corps est composé de câbles tendus. Une réalisation de l’Atelier Mep, www.ateliermep.com

  • Réalisation de l’architecte Germain Peiry et de l’architecte d’intérieur Mathieu Winkler ©Photo : Tonatiuh Ambrosetti et Daniela Droz

    Sur paillasse. La paillasse est une dalle inclinée en béton armé servant d’élément porteur de l’escalier. Elle se présente comme une épaisseur continue et massive du béton et renvoie précisément à la partie comprise entre l’angle rentrant des marches et la face inférieure de l’escalier. Cette réalisation est l’œuvre de l’architecte Germain Peiry et de l’architecte d’intérieur Mathieu Winkler.

  • Réalisation des architectes Architectes Hiéronyme Lacroix et Simon Chessex ©Photo : Walter Mair

    Sur paillasse et pris entre deux murs. Les deux murs font ici office de garde-corps. L’habillage des marches en marbre de Thassos tout comme le travail du plâtre sur une partie des murs ont permis de vêtir cet escalier en béton d’une robe blanche. Architectes Hiéronyme Lacroix et Simon Chessex.

  • Escalier Columbus. ©Columbus

    À volée fixée au mur. Ici les marches ont été ancrées et chevillées au mur. Pour donner une forme en accordéon on a utilisé les marches et les contremarches. La balustrade en verre est maintenue par des fixations métalliques. Un produit Columbus. www.columbus.ch

  • Réalisation de l’architecte Antoine Ris ©Photo Fréderic Ducout

    À volée fixée au mur. Escalier en béton sans contremarche, scellé dans le mur pour préserver la légèreté de l’ouvrage. Main courante en inox. Architecte Antoine Ris.

  • Réalisation de l’Atelier Mep. ©Atelier Mep

    À volée fixée au mur. L’escalier, le placard et la bibliothèque ont ici été conçus comme un ensemble cohérent dans lequel on joue entre les éléments pleins et vides. Les contremarches en métal ont une largeur inférieure à celle des marches, produisant par là un effet surprenant. Une réalisation de l’Atelier Mep. www.ateliermep.com

  • Une réalisation de l’architecte Borja Garcia pour José Gandia Blasco ©Photo Jean-François Jaussaud

    À volée fixée au mur. Escalier en béton dessiné par l’architecte Borja Garcia pour José Gandia Blasco (le fondateur de la marque de mobilier d’extérieur du même nom).



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