Architecture

Maisons miniatures nippones

09 Août 2017

Au Japon, certaines maisons individuelles érigées en milieu urbain témoignent d’une grande inventivité. Preuve que l’architecture contemporaine y est bien vivante.

Sa population est l’une des plus denses de la planète. Et, pour nombre de touristes, la côte pacifique du Japon entre Osaka et Tokyo ressemble à un défilé sans fin de maisons grises et monotones.

Pourtant, la réalité est tout autre. Surtout pour ceux qui s’intéressent à l’architecture contemporaine et qui se donnent la peine d’aller voir ce qui se fait de plus intéressant. Car, face au difficile problème de la superficie des terrains, qui se limite souvent à 50 m2, les architectes doivent aller chercher leur expression ailleurs que dans l’extravagance.

Ainsi la nature réussit à s’immiscer dans ces maisons grâce à un rayon de soleil ou un peu de vent. Et si elles semblent parfois fermées en apparence, elles savent néanmoins s’ouvrir vers le ciel. Quant à la disposition des espaces intérieurs, elle est de plus en plus libre. Un résultat obtenu par la rencontre d’architectes talentueux et de clients prêts à jouer le jeu.

 

Le Jardin diagonal

 

  • La Maison K de Sou Fujimoto ©Iwan Baan parue dans Espaces contemporains n°1-2014

    La Maison K de Sou Fujimoto

  • La Maison K de Sou Fujimoto ©Iwan Baan parue dans Espaces contemporains n°1-2014

    La Maison K de Sou Fujimoto

  • La Maison K de Sou Fujimoto ©Iwan Baan parue dans Espaces contemporains n°1-2014

    La Maison K de Sou Fujimoto

Né en 1971, Sou Fujimoto est l’une des étoiles montantes de l’architecture  japonaise. En témoigne notamment le pavillon d’été qu’il a érigé à  deux pas de la Serpentine Gallery de Londres en 2013. Ses maisons, déjà  relativement nombreuses, sont autant de cas d’expérimentation.

La Maison  K, 118 m2 (Nishinomiya-shi, Hyogo, 2011-2012), fait preuve d’une  ingéniosité particulière. Située entre Osaka et Kobe, cette structure de  trois étages offre une terrasse en diagonale sur le toit. Des ouvertures aléatoires donnent sur ce jardin artificiel composé de plantes en pots.  L’extrémité basse du toit est marquée par une petite cabane, que l’architecte  compare à une villa miniature. Elle vient s’inscrire dans l’ensemble  comme dans la topographie d’un paysage.

 

Toit à tout faire

 

  • La Rooftecture OT2 de Shuhei Endo  © Stirling Elmendorf

    La Rooftecture OT2 de Shuhei Endo

  • La Rooftecture OT2 de Shuhei Endo © DR parue dans Espaces contemporains n°1-2014

    La Rooftecture OT2 de Shuhei Endo

  • La Rooftecture OT2 de Shuhei Endo © DR parue dans Espaces contemporains n°1-2014

    La Rooftecture OT2 de Shuhei Endo

Né dans la préfecture de Shiga en 1960, Shuhei Endo a étudié à l’Université

d’art de Kyoto et a obtenu son  diplôme d’architecte en 1986. Il a créé  son agence à Osaka en 1988. Lauréat du Prix Andrea Palladio en 1993, il est souvent cité comme l’un des architectes japonais les plus inventifs de sa génération.

Assez grande par rapport à beaucoup de maisons japonaises, sa Rooftecture OT2 (Osaka, 2012) offre 128 m2. Elle n’occupe que 44 m2 au sol, sur un terrain qui mesure seulement 55 m2.

Compte tenu de la grande densité des villes japonaises, de telles dimensions n’ont rien d’inhabituelles. Comme d’autres architectes bâtissant des résidences dans les grandes villes japonaises, Shuhei Endo se confronte au défi de faire pénétrer des éléments de la nature, comme le soleil ou le vent, dans l’habitat. Il y parvient ici avec une façade en métal perforé servant aussi de toit, et une lucarne ouvrable. Depuis l’extérieur, les perforations de la façade donnent par ailleurs une présence indéniable à la maison le soir venu. A l’intérieur, des panneaux en bois (Harvest Panel) créent un contraste volontaire avec l’aspect extérieur de la maison.

 

Nature carrée

 

  • Natural IlluminanceII © Hiroyasu sakaguchi parue dans Espaces contemporains n°1-2014

    Natural IlluminanceII

  • Natural IlluminanceII

    Natural IlluminanceII

Masaki Endoh est un Tokyoïte né en 1963. Il est à la tête de sa propre agence depuis 1994. Il travaille  souvent avec un excellent ingénieur. Et il a pour habitude d’attribuer à ses maisons individuelles des noms qui commencent souvent avec le mot «Natural».

Natural Illuminance II (Tokyo, 2010-2011) a été baptisée ainsi par l’architecte en référence à la lumière naturelle, et non pas pour ses formes, comme on aurait pu

l’imaginer. Ne mesurant que 37 m2, la maison est en bois. Ses façades sont constituées d’une double peau: un revêtement en verre translucide à l’extérieur et à l’intérieur, des plaques carrées en bois juxtaposées en préservant des intervalles qui laissent passer la lumière. Ce système offre une surface vitrée équivalente à celle d’une seule grande fenêtre.

Construite pour le frère de l’architecte, la maison se compose d’un salon haut de plafond et d’un espace façon loft où une cuisine, la chambre principale et une chambre d’enfant sont enchâssées dans un volume à ossature en bois mais revêtu de grandes plaques métalliques.

 



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