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Les Espaces du design 2019

17 Sep 2019

Les Espaces du design 2019: notre sélection du meilleur du design suisse est en ligne !

 

Depuis plus de dix ans, par sa sélection annuelle du meilleur du design suisse, Espaces contemporains défend avec ferveur les créations d’ici, de Lausanne à Zurich, de Neuchâtel à Coire. Une manière de montrer qu’il ne sert à rien d’envier ce qui se fait au-delà de nos frontières alors que nos meubles et objets locaux rivalisent en qualité, beauté et fonctionnalité. La Suisse est un petit pays, mais qui s’appuie sur une forte tradition, des écoles de haut niveau et des savoir-faire qui en appellent autant à l’excellence artisanale qu’aux technologies de premier plan.

 

Comme à l’accoutumée, cette sélection annuelle témoigne de la créativité et de la vivacité du design helvétique, cela par le choix d’un objet particulier, de nouveaux labels qui n’hésitent pas à se lancer sur un marché déjà fort encombré, ou celui de designers qui défrichent de nouveaux terrains ou réexplorent des territoires dont on pensait avoir déjà fait le tour. Si l’on devait retenir une tendance ou une ligne de force pour les 14 objets retenus cette année, on pourrait citer l’élégance : celle des formes, des matériaux utilisés, du détail. Le design suisse n’en finit pas de montrer ses évidentes qualités.

 

Nous profitons de cet article pour publier un erratum:  contrairement à ce qui a été écrit en page 143 du magazine Espaces contemporains n°5/2019, la collection de livres « Ensembles urbains ” n’a pas été initiée par Infolio mais par la  Fédération des Architectes Suisses section de Genève.

 

 


  • MEILLEURS OBJETS À USAGE DOMESTIQUE

    Oval est un presse-papiers, Cubiq un ensemble de bougeoirs, Malevich un porte-crayons. Dessinés par Constantinos Hoursoglou et Athanasios Babalis pour Shibui, réalisés en marbre, ces objets s’ajoutent à une collection qui fait la part belle à la noblesse des matériaux, à l’élégance des lignes, à l’esthétisation du quotidien. Ils sont ce qu’on pourrait nommer des améliorateurs esthétiques. Appelés à sacraliser certains gestes de tous les jours, ils n’en sont pas moins fonctionnels. Ainsi de Cubiq qui s’utilise selon ses besoins avec un petit trou pour les bougies fines, un grand trou pour les lumignons.

     


  • MEILLEURE SÉRIE DE TABLES À L’ÉQUILIBRE PARFAIT

    Ceci n’est pas une table. Mais une merveille de poésie intériorisée; des petits meubles drôlement addictifs imaginés par l’Argentino-Genevoise Josefina Muñoz à partir de blocs de marbre. Avec ces éléments bruts de matière, inégaux dans leur forme et symboliques de l’économie circulaire – où rien ne se perd mais où tout se transforme – , elle crée des tables d’appoint à l’esthétique aussi ludique que visionnaire. Il y a un côté « Chaussée des géants » dans cette collection mais aussi une élégance rare, qui offre une sensation d’équilibre parfait ; comme si Josefina avait mixé la grâce du flamant rose à la lourdeur des véhicules terrestres AT-AT de Star Wars.

    Collection Game of Stone, Josefina Muñoz et Pietre Trovanti


  •  MEILLEUR DESIGNER DE LIGNES DE CHAISES

    Un jour, Jörg Boner aura certainement droit à une statue pour ses contributions à l’exploration formelle de l’idée qu’on peut se faire du design suisse. Mi doux rêveur mi enfant terrible, ses chaises sont autant de créations visuellement novatrices (la Juppa pour Atelier Pfister, la Cresta pour Dadadum, les Wogg 42 et 50…) et ses tables des modèles de stabilité fonctionnelles. Pour l’Allemand Stattmann, il a créé Curv, un ensemble en hêtre dont la rondeur allège la réalisation en bois massif ; une rondeur inspirée par les lignes de Bruno Rey.


  • MEILLEURE COLLECTION DE LITTÉRATURE ARCHITECTURALE

    Les murs ont des oreilles, laisse entendre l’expression. Ils ont aussi une histoire. En s’attachant à des objets architecturaux qui font sens plutôt que le buzz, la collection « Ensembles urbains », initiée par la Fédération des Architectes Suisses section de Genève, donne la parole à des projets qui soulignent la très grande qualité et diversité de l’habitat urbain en ville de Genève. Sous une élégante maquette signée par le collectif Pierre Bonnet, Mireille Adam, Jean-Paul Jaccaud et Silvia Francia, ce sont des architectes d’aujourd’hui qui viennent re-contextualiser des ouvrages d’autrefois : le square Montchoisy par Philippe Meier, celui du Mont-Blanc par François de Marignac, la rue Ami-Lévrier par Jean-Paul Jaccaud, la rue De-Candolle par Pierre Bonnet et Mireille Adam Bonnet et le Rieu parc par Raphaël Nussbaumer. 


  • MEILLEUR APPEL D’AIR POUR LE DESIGN ROMAND

    Plutôt que de créer des collections ex nihilo, le néo label lausannois Amiami est allé fouiller dans les malles aux trésors des designers locaux pour y dénicher les objets existants – souvent déjà produits, mais laissés à l’abandon faute de débouchés commerciaux – qui l’intéressaient : un décapsuleur d’Adrien Rovero, une tapette à mouches de Gaële Girault, des animaux en bois de Tomas Kral… Cette marque qui va ravir un public à l’affût du cadeau de bon goût de dernier recours devrait vite s’imposer comme un best-seller tout temps tout terrain.


  • MEILLEUR SYSTÈME DE MODULARITÉ AMOUREUSE

    Drôle de patronyme pour un système de penderie : Penelope ! Du nom de l’épouse fidèle d’Ulysse qui passa un temps incalculable à attendre que son aventurier de mari retrouve le chemin de la casa. Peut-être afin de l’aider à tromper son ennui, le collectif Superlife a imaginé un système de six modules à assembler selon ses ressources vestimentaires et narcissiques. Des portants, des rangements, un miroir, des plateaux… les compositions sont multiples, surtout que chaque élément est disponible dans une déclinaison de huit couleurs. Pénélope aurait sans doute choisi le bleu Égée !

     


  • MEILLEUR SYSTÈME DE RANGEMENT ENFANTIN

    Joueurs dans l’âme, les Big-Game ne cessent de tester de nouvelles configurations auprès d’éditeurs tout juste arrivés sur le marché. Pour le Belge Cruso, ils définissent un système de rayonnages qui semble composé de blocs de construction et de planches empilées. Combinaison de modules verticaux en acier et de panneaux de bois finition chêne, le système Block offre une simplicité d’utilisation et d’installation proche du Duplo. Stabilisant l’ensemble, les modules verticaux agissent comme d’élégantes alcôves. Histoire de valider le design semi-industriel de l’ensemble, on peut y ajouter des portes coulissantes en aluminium.


  • MEILLEURE LAMPE QUI DIT NON

    Dessinée par le Biennois Dimitri Bähler pour Established & Sons, la lampe Cho synthétise à merveille tradition et modernité, fragilité et solidité. D’un côté, une bouille ronde fabriquée dans le traditionnel papier Washi japonais et de l’autre un corps filiforme dont la tige en fibre de carbone est d’une minceur époustouflante. Pour un peu, on y verrait presque un hommage à l’une des silhouettes graciles de Giacometti ou à la fameuse « poupée qui dit non » de Polnareff car cette lampe bidibule sur son socle lesté avant de revenir à sa position initiale.


  • MEILLEUR FAUTEUIL QUI S’ADAPTE À LA SILHOUETTE

    Dessiné par Alfredo Häberli pour Alias Design, le fauteuil Time rend hommage à l’art ancestral de l’origami. Ou comment passer d’une simple feuille bidimensionnelle à une coque tridimensionnelle. Aussi fragile d’aspect que solide dans sa réalisation grâce à la superposition de couches qui en font un sandwich de bois et de matériaux composites, le découpage de la feuille initiale permet un emboîtement parfait. Déposé sur un piètement en acier, le fauteuil Time vient épouser la forme du corps telle la carapace protectrice du tatou.


  • MEILLEURE COLLECTION D’INSPIRATION RÉTRO-SWISS

    Un banc, une commode, une théière et une gamelle pour chiens 5 étoiles. Pour sa première collection d’objets et de meubles, le studio Seitz de Rob van Wyen et Kevin Seitz a choisi l’éclectisme. Une gamme dont chaque élément prend ses racines dans un savoir-faire cantonal de premier plan et où l’artisanat se respire dans les détails. S’ils n’ont que peu à voir entre eux, ces différents projets magnifient l’esprit du beau et du bien fait. Un goût certain des belles choses, souligné par la communication soignée des illustrations clair-obscur imaginées par Malika Favre.


  • MEILLEURE TABLE À DÉPLOYER DANS SON SALON

    Sous le label Klybeck, Baptiste Ducommun produit peu, mais il produit bien. Après des porte-manteaux aux frondaisons fournies, des patères qui en semblent issues et des oiseaux qui y ont certainement fait leur nid lors d’une migration saisonnière, il poursuit sa collection d’objets d’inspiration végétale à déposer au beau milieu de nos intérieurs. Formée de trois plateaux qui ressemblent à des pétales superposés tournant à 360°, la table de salon 63 s’ouvre comme une fleur qui s’épanouit. Réalisée en noyer américain et en acier poudré noir, elle offre de nouveaux instants de convivialité.


  • MEILLEURE FABLE QUI RENVERSE LES PRINCIPES DE CRÉATION

    C’est une famille d’objets – des vases, des tabourets – dont la parenté ne fait aucun doute, mais dans laquelle chacun des membres aurait été affublé d’une particularité propre. Fruit d’une recherche sur « the Soft Side of Steel » (le « côté doux de l’acier »), ce projet du Studio Ilio transforme un matériau existant – les fibres d’acier – en feuilles flexibles. Une manière de brouiller les pistes ou d’en explorer de nouvelles en jouant sur les états contradictoires de l’acier. Comme si les soudeurs devenaient tailleurs et produisaient des produits manufacturés à la main plutôt que des biens industriels.


  • MEILLEUR JEUNE PROTO-DESIGNER QUI EN MET PLEIN LA VUE

    À proprement parler, Marc Gerber n’existe pas encore véritablement comme designer puisque nombre de ses projets sont encore à l’état de prototypes. Mais le garçon est bourré de promesses quand on regarde ses travaux en cours. Qu’il s’agisse de son projet de décapsuleur, de machine à café ou de « stabelle » (la chaise traditionnelle paysanne) à l’influence bouroullecquienne, celui qui se forme actuellement chez Konstantin Grcic devrait casser la baraque dans les années à venir. Zoro, sa table d’appoint, est à ce titre un petit bijou champignonnesque avec un tronc solide dans lequel on peut glisser ses magazines et un plateau généreux, séparable au besoin. Attention, talent !


  • MEILLEUR ÉLÉMENT DE CONVIVIALITÉ CIRCULAIRE

    La table rectangulaire est un classique occidental, une référence alpine, un insubmersible des intérieurs professionnels et privés. Avec le modèle 986 pour Rolf Benz, le designer zurichois This Weber marie les contraires et offre au public européen un morceau de culture orientale. En l’occurrence, une table ronde en pierre naturelle qui s’inspire des rituels culinaires chinois, parfaite pour la communication de tous les convives. Elle est surmontée d’un plateau tournant qui se révèle toujours une astuce incroyablement ludique et pratique pour la circulation des plats. Disponible en marbre de Carrare ou dans une version dite Graphit Brown, son piètement offre en outre une belle anamorphose du plateau susmentionné.



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