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Lausanne Jardins, Avant-goût

05 Mar 2018

Les lauréats du concours Lausanne Jardin ont été annoncés. Avant-goût de cette manifestation urbaine autour de la terre et de la nature.

 

Tous les cinq ans, l’Association Jardin Urbain (AJU) et la Municipalité de Lausanne orga­nisent Lausanne Jardins, un événement culturel mêlant paysagisme et réflexion sur la ville. Le temps d’un été, la manifestation propose d’insérer des jardins dans l’espace urbain: rues, places, terrains délaissés, façades de bâtiments ou toitures.

 

L’édition 2019 est consacrée au thème de la pleine terre. Autrement dit, à ces espaces urbains qui n’ont en effet jamais été bétonnés – imperméabilisés – et sont restés en contact avec le monde d’en-bas, celui qui donne une bonne partie de sa richesse au monde d’en haut.

 

C’est dans ce terreau fertile que les participants au concours international ont fait germer leur imagination: 136 projets venus de Suisse, d’Espagne, de Russie et de plus loin encore. Le jury, composé d’architectes-paysagistes mais aussi de spécialistes des sols, de designers, de biologistes ou d’historiens de l’art, a récompensé vingt-cinq idées, dont la plupart deviendront jardins au cours de l’été 2019.

 

Parmi elles, un jet d’eau qui interrompt un instant la circulation de nos pensées. Des monolithes organiques et leur futur âge de pierre. Un tableau vivant représentant les différentes couches d’une terre trop souvent emmurée… Les vingt-cinq projets primés proposent des jardins pour s’embrasser ou boire le thé. Mais aussi repenser l’espace public et la nature en ville, voire même la densifier.

 

L’ensemble des travaux soumis au concours est exposé à Habitat-Jardin du 3 au 11 mars, dans la Halle 8 du Palais de Beaulieu. Pour donner un avant-goût de la manifestation estivale, les organisateurs proposent également d’explorer une Tour de terre et son jardin perché.

 

 

 


  • La Cour Galfetti. Le projet Kokedamas propose d’installer un
    lustre végétal, suspendu et hors sol. Les plantes disposent chacune de leur propre substrat, sous la forme d’une boule d’argile. La construction est prévue sous une forme participative.

  • Trottoir nord du Grand Pont. Lausanne Jardin 2018

    Trottoir nord du Grand Pont. L’équipe qui a retenu l’attention  propose de créer une topographie virtuelle sur le trottoir nord du pont, en simulant une projection de relief. L’effet de trompe-l’oeil fait chavirer le regard et trouble la perception de cet ouvrage d’art, à la planéité dure, ainsi transformé en un tapis souple, peut-être même “plantable”?

  • Parvis Saint-Jacques. Lausanne Jardin 2018

    Parvis Saint-Jacques. Cet espace au panorama exceptionnel est réservé au stationnement des voitures qui profitent de la vue en permanence. Le projet  exploite littéralement ce constat et installe un cinéma drive-in à l’américaine, où l’on regarde le film du paysage depuis sa voiture.


  • Passage Saint-François. Le projet Futur Age de pierre propose une réponse intrigante à ces questions: une démonstration du processus de biominéralisation. Ou comment le sable devient pierre grâce à un mycelium, autrement dit un organisme vivant. La promesse est de rendre ce processus compréhensible, accessible, interactif.


  • Passage Saint-François. Le projet Passage végétal met au centre de son propos l’ornement inspiré du végétal. S’inscrivant dans la longue tradition graphique qui conjugue nature et culture, les auteurs proposent de remplir littéralement le passage d’un motif stylisant la marube, une plante qui existe encore sur la place Saint-François, alors qu’elle est menacée partout ailleurs.


  • Préau Messidor. Ce square se devrait d’être semé et fertile si l’on en croit son nom “Messidor” qui est le mois des moissons dans le calendrier révolutionnaire. Mais ce territoire est peu à peu rongé par des constructions. En réaction à ce constat, le projet Amour éternel questionne l’utilisation du sol et la manière d’économiser cette ressource naturelle. La réponse proposée, composée d’un trépied de 18m de haut, agit en symbole.


  • Soutènement de Saint-Paul. Le projet Nature vivante affirme le caractère monumental de ce fond de cour, tout en révélant ce qu’il retient: le sol, exprimé par ses trois horizons. La roche-mère, la sous-couche et la terre végétale sont signifiées par des bandes peintes sur toile au moyen
    de pigments végétaux, projection en pleine lumière d’une réalité masquée.


  • Croisée de Georgette. Rien ne laisse envisager l’idée d’un jardin ici  mais le projet “L’eau et vous” y installe l’un de ses éléments clés: l’eau. Celle d’une fontaine à jet mais sans bassin, résurgence intermittente et spectaculaire, venue des tréfonds du sol urbain


  • La Tour de Terre, une installation réalisée spécialement pour Habitat-Jardin en vue d’annoncer la prochaine édition de Lausanne Jardin.



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