Architecture

L’architecture tropicale de Vo Trong Nghia

20 Juil 2018

Connu pour son utilisation du bambou, l’architecte Vo Trong Nghia défend une nouvelle manière de voir l’architecture contemporaine. 

 

Dans la province de Quang Binh au centre du Vietnam, Vo Trong Nghia est âgé de 42 ans. Diplômé de l’Université d’architecture de Hanoï en 1994, il a également fait des études de génie civil à l’Université de Tokyo en 2004. Ensuite, il a créé son agence à Ho Chi Minh Ville en 2006. En 2014, il déclarait que le bambou remplacerait d’autres matériaux et deviendrait « l’acier vert du XXIe siècle ». Le pavillon du Vietnam qu’il a réalisé pour Expo 2015 à Milan était du reste une structure composée de 25 colonnes en bambou surmontées par des arbres.

 

« Le bambou peut être plié, ce qui permet de lui donner une forme et une beauté particulière. Traité correctement, il est aussi durable que le bois », précise l’architecte. Pour pallier l’irrégularité de ce matériau, Vo Trong Nghia fait souvent appel à la préfabrication. Même au Vietnam, les entreprises ne sont pas rompues aux exigences spécifiques imposées par l’utilisation du bambou, ce qui fait dire à l’architecte « qu’il est essentiel pour nous d’éduquer les ouvriers et de participer directement à la construction ».

 

De toute évidence, l’oeuvre de Vo Trong Nghia est en harmonie avec le climat tropical de son pays, mais sa quête d’une nouvelle manière de voir l’architecture contemporaine incitera sans doute d’autres architectes à repenser la palette des matériaux et des formes de la construction. Si Vo Trong Nghia ne construit pas uniquement en bambou, il a toujours à l’esprit l’impact écologique de ses réalisations. La majorité d’entre elles se trouvent au Vietnam. En voici trois exemples.

 

LA HOUSE FOR TREES

 

 

  • DR

  • DR

  • DR

Réalisé en collaboration avec Masaaki Iwamoto, House for Trees réalisée à Ho Chi Minh Ville en 2013 est une maison de 112 m2. Elle est érigée sur un site de 474 m2 dans le quartier de Tan Binh, dans la grande ville vietnamienne. La maison est divisée en cinq « prismes » en béton. Coulé sur place dans des coffrages en bambou, le béton est visible à l’extérieur mais revêtu de brique locale à l’intérieur. Selon Vo Trong Nghia, « ces prismes sont conçus pour donner un aspect vert au projet – ils deviennent des sortes de pots où sont plantés des arbres. Entre eux prennent place de petits jardins qui donnent aux résidents l’impression d’être entourés de verdure. Les prismes sont connectés par des toits qui forment des espaces appartenant à la fois à l’extérieur et à l’intérieur. » Cette disposition apporte une réponse à une ville qui ne compte que 0,25 % d’espaces verts, mais le projet se veut aussi une expérience, dans le domaine de l’architecture tropicale, qui incite à vivre entre dehors et dedans. Le coût de la construction de House for Trees était à l’époque de seulement 156 000 dollars.

 

LE WNW BAR

 

  • DR

  • DR

Réalisé à Binh Duong en 2008, le bar wNw est en bambou. En son centre se trouve un dôme haut de 10 mètres et large de 5 mètres. La partie principale du bar est constituée de 48 éléments préfabriqués, également en bambou. Situé à côté d’un lac artificiel, le bar utilise l’eau du lac et le vent pour faire circuler l’air qui est évacué par un orifice de 1,5 mètre disposé dans le dôme. Ce bar de 270 m2 est utilisé pour des réunions municipales. Selon son architecte, le bâtiment est à la fois luxueux et calme. Il est aussi « en harmonie avec la nature, à laquelle il retournera avec le temps ».

 

LE BAMBOO WING

 

  • DR

  • DR

Le Bamboo Wing à Dai Lai, dans la province de Vinh Phuc, a été conçu en 2009 pour des mariages et d’autres événements. D’une superficie de 1600 m2, il ne fait appel ni à l’acier ni à d’autres matériaux fabriqués par les hommes. Son ouverture courbe avec sa portée de 12 mètres démontre les capacités structurelles du bambou. Selon l’architecte, la construction est « inspirée par la nature, elle prend la forme des ailes des oiseaux et semble flotter au-dessus de son site naturel près de Hanoï… Les plafonds et l’eau dans les espaces ouverts donnent l’impression aux gens qu’ils vivent dans la nature ».

 



Partager cet article