Actus

Habiter la modernité

12 Sep 2018

Le musée L’Atelier De Grandi se tourne vers l’architecture du 6 septembre au 29 novembre. Il consacre une exposition à l’émergence du style international sur la Riviera vaudoise pendant l’entre-deux-guerres.

 

C’est un travail de fond, aussi fouillé qu’ambitieux, qui est derrière l’exposition présentée actuellement à l’Atelier De Grandi à Corseaux. Augmentée d’une publication richement documentée et d’un cycle de conférences de premier niveau, « Habiter la modernité », titre de l’exposition, résulte du travail de longue haleine de recherche et de réflexion entrepris par plusieurs institutions, dont le Service du patrimoine de l’État de Vaud, autour de l’héritage architectural du 20e siècle. L’équipe de recherche des Archives de la construction moderne à l’EPFL, avec son directeur et commissaire de l’exposition Salvatore Aprea, Archizoom et son directeur Cyril Veillon, en collaboration avec les frères De Grandi, ont travaillé main dans la main pour créer un cadre d’exposition et de réflexion autour de cette période et de cette région. Pour souligner l’importance et l’intérêt que porte le Service du patrimoine à ce travail et à l’héritage moderniste en général, c’est le conseiller d’État en charge du patrimoine, Pascal Broulis, qui a lui-même présenté l’exposition à l’Atelier De Grandi en même temps que le lancement du programme des Journées du patrimoine.

 

 

©JohannSauty

Le musée L’Atelier De Grandi aujourd’hui, après sa rénovation et son ouverture au public.

 

La modernité en marche

L’exposition « Habiter la modernité » met en lumière l’architecture du style international sur la Riviera vaudoise dans l’entre-deux-guerres. Précisons le cadre : il s’agit bien du style international et non pas de « toute » la production moderniste. Du coup des pièces maîtresses comme la Villa Karma d’Adolphe Loos à Clarens ne figurent pas dans la sélection.

 

À travers dessins, écrits, photographies et maquettes, issus principalement des Archives de la construction moderne, le commissaire de l’exposition, Salvatore Aprea, montre le riche héritage légué par des architectes du début du 20e siècle. Des architectes soucieux d’offrir des réponses en adéquation avec l’esprit du temps, des architectes mus par une même vision progressiste que leurs contemporains européens, mais sans l’activisme politique ou social qui animait cette période.

 

De la Villa Le Lac, de l’architecte de la Chauxde- Fonds achevée en 1924, en passant par la Villa Kenwin de Hermann Henselmann de 1931, jusqu’à la maison-atelier des peintres Italo et Vincent De Grandi de 1939 d’Alberto Sartoris, l’ensemble de ces villas constitue un tout qui démontre bien l’énergie moderniste qui animait la Riviera vaudoise à cette époque. Salvatore Aprea va jusqu’à affirmer que « la Riviera vaudoise a été un peu pour la Suisse romande ce que la colline d’Auteuil a représenté pour Paris. Ses habitants aisés, cultivés et insérés dans le contexte culturel européen se montraient parfois plus enclins à mettre à l’épreuve les idées d’architectes qui proposaient de nouvelles visions de l’habiter. » L’analogie est intéressante et mériterait une exposition à elle toute seule.

 

Conférences autour de l’expo :

Atelier de Grandi
Corseaux/Vevey
Habiter la modernité
Table ronde Jeudi 4 octobre – 18h
Avec Joëlle Neuenschwander, Paola Tosolini, Christophe Flubacher, Patrick Moser et Salvatore Aprea, auteurs du catalogue de l’exposition.
Inscriptions : info@atelierdegrandi.ch

 

PROJECT ROOM ARCHIZOOM, EPFL
Yves Dreier et Eik Frenzel
Conférence Lundi 15 octobre – 18h
Les architectes lausannois proposent une relecture de l’habitat urbain entre changements sociaux et héritage architectural du 20e siècle.

 

Svizzera 240
Alessandro Bosshard, Li Tavor et Matthew van der Ploeg
Conférence Lundi 5 novembre – 18h
Lauréats du Lion d’or à la Biennale de Venise, les architectes remettent en question les notions d’échelle et de normes instituées par les modernistes.

 

Mario Botta
Conférence Lundi 19 novembre – 18h
Les premières oeuvres de Mario Botta sont des maisons d’habitation privées proposant un langage en continuité avec l’histoire, loin de l’extrême abstraction moderniste.

 

Du 6 septembre au 29 novembre

Horaires d’ouverture: du jeudi au dimanche, 13h30-18h

Ch. d’Entre-deux-villes 7, 1802 Corseaux.

 


  • Maison  de  Maurice  Foetisch,  Lausanne,  1930-1931.  L’immeuble  ré-EPFL,  fonds  H.-R.  Von  der  Mühll)


  • John- Théodore  Cornaz,  dit  Jack,  le  pavillon  pour  l’éditeur  Henry-Louis  Mermod,  Puidoux,  1933.  Le  pavillon  vu  depuis  l’Ouest,  photographie  sur  papier,  anonyme  (Acm-EPFL,  fonds  J.  Cornaz)



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