Design

Habitat: la fin du rêve américain?

14 Déc 2017

Le rêve américain

 

Une maison et une voiture dans le garage rien qu’à soi. Voilà ce qu’on appelle souvent le rêve américain ! En septembre, la journée de conférences organisée par Ikea autour de l’habitat du futur questionnait l’actualité de cette aspiration ainsi que d’autres questions cruciales liées aux bouleversements sociétaux. Parmi les divers intervenants, la sociologue Simonetta Carbonaro. Résumé de son propos.

 

Sociologue spécialisée dans les biens de consommation, professeure et consultante pour diverses entreprises, Simonetta Carbonaro
considère que le designer est l’agent du changement. Il participe à l’évolution des modes de vie et les anticipe même avec les outils dont il dispose, notamment par l’innovation. Son approche doit être holistique.

 

En 2050, la population mondiale sera de 10 milliards d’habitants. Le concept d’habitat tel qu’il est conçu aujourd’hui doit être revu car il n’y aura pas assez de logements pour tous. On projette déjà des modèles de maisons autonomes, qui produisent leur propre énergie, leurs propres légumes. Le « co-housing » est également très en vogue, selon le principe de l’habitat groupé réunissant différentes familles ou ménages ayant décidé de mettre en commun leurs ressources et de vivre selon des valeurs éthiques et environnementales communes.

 

Ces nouveaux modèles, basés sur l’économie du prêt, du partage et de l’échange plutôt que sur l’achat et la possession de biens, marquent-ils la fin de la croissance ? Selon la sociologue italienne, la croissance existe dans la nature et est inscrite dans nos gènes, nous croissons, nous nous développons, alors que la décroissance mène à la disparition et à la mort. Partager des ressources matérielles aboutit à une plus grande prise de conscience par rapport à la consommation, mais ne l’abolit pas.

 

La Suède a récemment adopté une mesure qui réduit les taxes sur les biens réparés ; le but est de diminuer la quantité de déchets mais aussi d’induire un changement d’attitude chez le consommateur. Réparer au lieu de jeter l’incitera à investir dans des objets de meilleure qualité.

 

Quelles sont les répercussions de tout cela sur l’habitat ? Le concept même de maison s’élargit, celle-ci ne se limite plus à ce que l’on possède mais concerne aussi les gens avec qui on la partage, famille, amis, et voisins. Le concept de communauté devient très important et inclut aussi son quartier, sa ville… Sans idéologie ni leader, ce mouvement invisible qui croît, Simonetta Carbonaro l’identifie avec le « we » (nous) par opposition au « me » (moi). C’est ce réseau collaboratif basé sur l’échange et sur l’altruisme qui peut apporter des solutions aux problèmes sociétaux. Le rêve américain est terminé.

 

 

Simonetta Carbonaro

 



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