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CITY GUIDE : NANTES

18 Juil 2019

A une heure de vol de Genève et à une heure de route des plages de l’Atlantique, avec son image verte et culturelle, Nantes est devenue l’une des villes de France les plus attirantes.

 

En transcendant son passé et ses pertes industrielles, elle a su inventer un modèle urbain qui concilie croissance économique et qualité de vie. Et entre les mains d’une nouvelle génération d’architectes et d’urbanistes, ses nouveaux quartiers égrènent un art de vivre qui fait envie. Jardins partagés, places accueillantes, esplanades vertes, mobilité douce… Ici, l’humain a toute sa place et la vie se déroule sur un mode paisible et dynamique en phase avec l’esprit du temps. Baignée par la Loire – le plus long fleuve sauvage d’Europe – et ses affluents, au fil de ses rives s’échelonnent, à quelques encablures du centre, petits ports, bases nautiques et guinguettes éphémères l’été venu. Dans ce paysage en vert et bleu, l’eau, le végétal et l’urbain s’entremêlent en douce intelligence. Créative et inventive – Nantes a vu naître Jules Verne et héberge les Géants de Royal de Luxe ! – elle donne une place active à la culture ; chaque été l’événement Le Voyage à Nantes rassemble nombre d’artistes qui sèment leurs oeuvres dans la ville et ses alentours. Et son Parcours Estuaire en parsème le trajet jusqu’à la porte de l’océan. Entre nature et culture, effervescence et sérénité, Nantes cultive sa singularité dans la joie de vivre et l’harmonie.

 

Nantes, une ville verte

 

 

  • © P. Piron

    Jungle intérieure, Evor


  • Jardin des Fonderies

  • © Franck Tomps / LVAN

    Parc des chantiers

Nantes a été classée Capitale verte européenne en 2013 pour son engagement en faveur du développement durable. Un engagement protéiforme qui passe par la création d’écoquartiers inventant un nouvel équilibre entre habitat, espaces verts et circulations douces. Mais aussi par l’association de la nature à son développement urbain et la préservation de ses espaces naturels. Les rives de la Loire et de l’Erdre, son affluent qui s’insinue en ville, offrent moult promenades et oasis rafraîchissantes. Un projet conduit par le paysagiste Gilles Clément permettra à terme de relier les grands parcs et espaces verts de l’agglomération en un long réseau de 42 km ; quasiment un marathon en pleine nature !

Du Jardin des plantes proche de la gare – et à laquelle il sera définitivement relié par une esplanade lorsque la nouvelle gare conçue par Rudy Ricciotti sera achevée – au Jardin japonais de l’île de Versailles, en passant par l’exotique jardin des Fonderies, sans oublier ses nombreuses actions de végétalisation participatives, Nantes fait la démonstration des bienfaits du végétal en ville. Dernier projet à l’oeuvre, la création du Jardin extraordinaire dans le cadre de la réhabilitation de l’ancienne carrière Miséry en contre-bas de la butte Sainte-Anne. Outre la centaine de parcs et jardins existants, les quais et esplanades procurent aussi quantité d’occasions de se détendre. De début mai à fin octobre, le quai de la Fosse se met au vert avec un marché aux plantes, une guinguette, des transats et tables de piquenique; des concerts et animations diverses y sont proposés tous les week-ends. Un aperçu de l’art de vivre à la nantaise!

 

Nantes, la culture en ligne de mire

 

 


  • Le playground La Colline est un espace de convivialité et de jeu insolite et fantasque. Ce paysage en volume, aux formes rondes et généreuses, invite à grimper, rouler, glisser, se prélasser… Il est sorti de l’imaginaire du collectif de graphistes Appelle Moi Papa qui joue avec l’image en explorant des univers personnels avec originalité et anticonformisme. Installé à la Cantine du Voyage sur le quai des Antilles, cet espace ludique est ouvert à tous de 3 à 77 ans !

  • Daniel Buren et Patrick Bouchain, Les Anneaux, Quai des Antilles, Nantes, création pérenne Estuaire 2007 © Martin Argyroglo/LVAN

    Le long du quai des Antilles, les dix-huit Anneaux de Buren et Bouchain s’échelonnent au fil du fleuve en offrant une succession de cadrages différents sur la ville et le paysage. Le soir venu, ils s’auréolent de rouge, de vert et de bleu.

  • Huang Yong Ping, Serpent d'océan, Saint-Brévin-les-Pins (France), oeuvre du parcours Estuaire NantesSaint-Nazaire © Franck Tomps / LVAN

    À Saint-Brévin, à la frontière entre espace fluvial et espace maritime, l’immense Serpent de mer de l’artiste chinois Huang Yong Ping semble issu d’une fouille archéologique.

  • © Franck Tomps / LVAN

    Sur l’île, le Mètre à ruban surdimensionné de Lilian Burgeat se déploie dans la cour du promoteur immobilier Aethica.


  • Dans l’ancien village de pêcheurs de Trentemoult, à 10 minutes du centre en bateau-bus, Le Pendule de Roman Signer marque la lente déchéance d’une vieille centrale à béton.


  • Le grand éléphant des Machines de l’Ile et le manège inspiré de l’univers de Jules Verne

Créé en 2012 l’événement artistique Le Voyage à Nantes est inséparable de la vie nantaise. Il mêle les réalisations avant-gardistes aux monuments du patrimoine et à la création culinaire et musicale. Au fil d’une ligne verte tracée à même le sol on découvre ici une installation, là une exposition, ailleurs un point de vue, on s’aventure dans les lieux les plus divers : espaces culturels, piscine, jardins, belvédères… Durant l’été, les 110 créations permanentes visibles tout au long de l’année s’enrichissent de nouvelles oeuvres ou installations éphémères ou pérennes – pas loin d’une trentaine cette année – qui fournissent une occasion unique de découvrir la ville dans tous ses recoins. La plupart des sites sont en accès libre 7 jours sur 7 de 10 h à 19 h. L’édition estivale dure du 6 juillet au 1er septembre. 

Outre l’art contemporain, à Nantes d’autres événements culturels rameutent les foules. Fin août, les rives de l’Erdre résonnent des accents du jazz durant quatre jours (rendezvouserdre.com) et durant l’hiver, La Folle Journée – qui en dure cinq – égrène les concerts de musique classique dans un style inédit accessible au plus grand nombre.

 

Nantes, les possibilités d’une île

 

 

  • La Fabrique

    À l’initiative de la ville, le récent Quartier de la Création s’est enrichi de deux espaces dédiés aux musiques actuelles et aux arts numériques, surprenants par leur architecture. À la fois centre de formation et studio d’enregistrement, le bouillonnant Trempolino est alloué à la culture musicale. Érigé sur l’ancien blockhaus qui servait de refuge aux ouvriers du chantier naval, il s’élève sur six niveaux en intégrant dans sa structure un bus, racheté pour un euro à une compagnie de transport urbain, qui fait office de salle de répétition. Autre signe caractéristique, le chat du graffeur Kazy.K qui rampe sur l’une de ses façades de béton.


  • Parc chantier Nantes Detroit architectes, playground on va marcher sur la lune.


  • Ecole des beaux-arts

  • S13. Immeuble L'Ile Rouge. Architecte: Forma 6. Maitrise d'ouvrage: Adi. Nantes (Loire-Atlantique) 06/2011 © Jean-Dominique Billaud/Samoa

    Immeuble L’Ile Rouge siège de Forma 6 et de la Maison régionale de l’architecture

La ville s’articule de part et d’autre de deux bras de Loire qui enserrent son île jadis vouée à l’industrie et aux chantiers navals. Les grues grise et jaune qui témoignent de son activité navale et portuaire sont indissociables du paysage qu’elles dominent. La fermeture des chantiers navals en 1987 a été le point de départ d’une grande réflexion sur le devenir de cette île. Dans les années 2000, la métamorphose prend forme par l’ouest avec le nouveau Palais de justice dessiné par Jean Nouvel. En 2009, l’arrivée de l’École nationale supérieure d’architecture est une étape déterminante pour l’identité des lieux.

La reconquête du territoire insulaire s’est effectuée en préservant des aspects majeurs de son passé. Et particulièrement les monumentales halles Alstom dont la réhabilitation a été confiée à Franklin Azzi, étoile montante de l’architecture française. Outre l’École des beaux-arts, une cinquantaine d’entreprises s’y sont installées : architecture, art, design, mais aussi télévisions, radios, presse, éditions. Juste à côté, dans un bâtiment spectaculaire enveloppé de lames d’aluminium – surnommé Manny, en référence au mammouth de L’Âge de glace ! – se trouve IDM Home, le temple du design.

Autre bâtiment phare du quartier, l’immeuble Île Rouge, tout habillé d’acier Corten, est le siège de Forma 6 qui en a conçu le projet et de la Maison régionale de l’architecture. La rénovation des Nefs a permis d’abriter l’atelier et la galerie d’exposition des Machines de l’île, dont la pièce maîtresse est un éléphant articulé de 40 tonnes. Inratable par la foule qui règne alentour sur l’esplanade ! À la pointe ouest de l’île, l’ancien hangar à bananes utilisé pour stocker les bananes importées des Antilles est aujourd’hui le lieu festif le plus prisé de la jeunesse nantaise.

 

Nantes, un riche patrimoine architectural

 

 


  • Le château des Ducs


  • Intérieur de la cathédrale gothique

  • © Franck Tomps / LVAN

    Le passage Pommeraye


  • La station Jean Prouvé, siège de l’office du tourisme


  • La Place graslin et son opéra


  • L’exposition Rock au Château des Ducs

Au fil de ses rues Nantes révèle sa richesse historique. Le Château des Ducs est incontournable avec ses remparts, ses pelouses et son vertigineux toboggan de 50 mètres dévalant jusqu’aux douves. Il propose des expositions toute l’année. À voir en ce moment, l’expo « Rock » retraçant le parcours de la scène musicale nantaise et l’exposition « Amazonie » du Musée d’ethnographie de Genève. À ses pieds, le vaste miroir d’eau parsemé d’une multitude de jets et de brumisateurs est le terrain de jeu des petits et des grands pendant les chaleurs estivales.

À deux pas se dresse l’impressionnante cathédrale gothique dont les voûtes s’élèvent encore plus haut que celles de Notre-Dame de Paris. En traversant le cours Saint-Pierre, on rejoint le Musée d’art, superbement rénové en 2017, et sa collection de 12 000 oeuvres du 13e siècle à nos jours.

Lieu mythique du shopping en centre-ville, le passage Pommeraye, rassemble 26 commerces. Organisé sur trois niveaux autour d’un escalier monumental dans un mélange de styles néo-classiques, il relie la place Graslin et son opéra à colonnades au quartier de la Bourse.

La ville a aussi conservé des traces de l’Art déco et de l’Art nouveau – dont la légendaire brasserie La Cigale – ainsi que des éléments du Mouvement moderne. Notamment l’immeuble Delamarre signé Antoine Molinié en 1934, la Cité Radieuse de Rezé, seconde du genre, réalisée en 1955 par Le Corbusier ou encore la station-service dessinée par Jean Prouvé en 1960, siège de l’Office du tourisme.

 

Nantes, l’art de vivre

 

 

  • La Cantine du Voyage, dans le cadre du Voyage à Nantes 2015 - habillage du lieu par Appelle-moi papa © Matthieu Chauveau / LVAN

    La Cantine du Voyage

  • Jean Jullien, Le Nid, Tour Bretagne - Nantes, creation perenne Le Voyage a Nantes 2012 © Marc Domage/LVAN

    Le Nid au 32ème étage de la Tour Bretagne


  • La Villa cheminée à Cordemais


  • La Micr’Home


  • Le restaurant La Cigale et son décor Art Nouveau


  • Quai du village de Trentemoult

Nantes est au coeur d’une région de culture maraîchère et de vignoble et ça se sent ! Ici, la qualité de ce que l’on produit et de ce que l’on consomme fait partie de l’art de vivre. La Cantine du Voyage compose ses menus grâce au potager urbain voisin. Dans le pittoresque quartier Bouffay, les restaurants et crêperies se bousculent au fil des ruelles et leurs terrasses restent animées jusque tard dans la nuit. Côté table, outre la cuisine traditionnelle, nombre d’adresses cultivent avec goût l’originalité en privilégiant la production bio et locale et en soignant leur décor. Et la bistronomie a le vent en poupe comme en témoignent entre autres Les Chants d’Avril dans le quartier des Olivettes et L’Aménité, rue Fénelon. Côté bar, Le Nid est le plus perché. Au 32e étage de la Tour Bretagne, il offre une vue panoramique sur la ville. Œuvre de l’artiste nantais Jean Jullien, un immense oiseau dont le corps sert de zinc y a pris refuge.

La ville recèle un nombre étonnant d’hôtels et de chambres réalisés par des artistes au fil des éditions du Voyage. Des espaces créatifs et insolites qui permettent de séjourner dans des lieux atypiques tout en vivant une expérience artistique. À Cordemais, la Villa Cheminée de Tatzu Nishi fait la nique aux tours de la centrale thermique proche. À 15 m de haut, le mini pavillon tout équipé et sa terrasse procurent un point de vue imprenable sur la Loire. En plein centre historique, la Micr’Home imaginée par Myrtille Drouet se glisse dans un passage. Niché à 5 m du sol, l’appartement de 26 m2 sur trois niveaux possède tout le confort nécessaire. Cette année, trois nouvelles chambres signées Makiko Furuichi, Justin Weiler et Karina Bisch s’ajoutent à la collection.

 



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