Architecture

Cinq matériaux de construction en déchets

12 Juil 2022

Que faire des déchets ménagers et des débris de chantier qui inondent les décharges?  Plutôt que de les brûler – ce qui génère une grande production de CO2 –, il est aujourd’hui possible de les réutiliser sous forme gravats ou de matériaux de construction. En outre, le recyclage réduit l’extraction de matières premières. Des solutions innovantes existent déjà, il suffit juste parfois de changer certaines habitudes… Exemples avec quelques produits identifiés et labellisés par la Fondation Solar Impulse.

 

 

1. Les panneaux de construction en déchets de Tetra Pak

 

Retrak PolyAI.

 

Retrak PolyAI est un matériau de construction issu du recyclage des emballages Tetra Pak. Il remplace les agglomérés de bois, obtenant un bois synthétique pour la fabrication de différents bâtiments. Il agit comme un isolant thermique. Sa composition lui confère une très grande résistance à l’humidité, empêchant les infiltrations d’eau causées par la pluie, etc. Il sert aussi d’isolant acoustique, filtrant jusqu’à 70% du bruit extérieur. Plus d’infos: retrak.com

 

 

2. Les granulats en déchets non recyclables

 

Anthropocite de Neolithe.

 

L’entreprise française Neolithe recycle les déchets de décharges communales, de construction et industriels pour fabriquer le granulat minéral Anthropocite. Celui-ci est utilisé comme matière première pour le secteur de la construction, notamment pour les chaussées et le béton. Les déchets sont traités par fossilisation dans des conteneurs qui peuvent être déployés facilement sur le territoire. La technologie de la fossilisation est compétitive en termes de coût par rapport aux traitements conventionnels des déchets (décharges ou incinération). Plus d’infos: neolithe.fr

 

 

3. Le ciment avec TOUS les gravats de démolition

 

Ciment Susteno, Holcim.

 

En Suisse, 85% des gravats de démolition sont recyclés. Grâce au ciment Susteno, Holcim a trouvé un moyen de fermer le cycle des matériaux pour les 15% restants qui seraient autrement mis en décharge. Cela permet de préserver le peu d’espace disponible dans les décharges, de préserver les matières premières primaires et d’économiser 10% de CO2 par rapport à un ciment de masse suisse optimisé en termes de CO2 (30% par rapport à un ciment de type I). Susteno est également une solution pour les entreprises qui recyclent le béton et les déchets mixtes de démolition ou qui recherchent une alternative durable à la mise en décharge des fractions fines inutilisables. Plus d’infos: holcim.ch

 

4. Les briques en poussière de fonderie et plastique

 

Waste to Wealth, Rhino Machines.

 

La solution de Rhino Machines s’attaque à deux sources clés de déchets: la poussière de fonderie (un sous-produit des déchets industriels) et le plastique. Ces deux déchets sont combinés, mélangés et traités pour produire une structure en briques de haute qualité, durable et abordable, offrant une alternative à la traditionnelle «brique rouge» utilisée dans la construction et les infrastructures. À noter que ce produit prometteur nommé Waste to Wealth est pour l’instant fabriqué en Inde. Plus d’infos: rhinospb.in

 

5. La laine isolante en verre usagé

 

Swissroll 030, Isover.

 

L’isolant Swissroll 030 est fabriqué avec plus de 80% de verre recyclé: vitres issues des secteurs du bâtiment et de l’automobile, verres creux de flaconnage (bouteilles, pots…), déchets de laine de verre etc. Cet isolant possède un très faible taux de conductivité thermique (lambda 0,030). Par ailleurs, Saint-Gobain Isover fabrique une partie de ses produits isolants avec un liant végétal rapidement renouvelable et exempt de formaldéhyde. Cette innovation a été développée à l’usine de Lucens (VD), puis commercialisée pour le marché suisse après de nombreux tests. Plus d’infos: isover.ch

 



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