Architecture

Cinq choses à retenir sur Jean Tschumi

29 Juin 2021

L’architecte suisse Jean Tschumi fait l’objet d’une rétrospective à la Cité de l’architecture & du patrimoine de Paris jusqu’au 19 septembre. L’occasion de revenir sur l’oeuvre de cette grande figure de la modernité restée trop longtemps dans l’ombre. 

 

 

Jean Tschumi.

 

N°1. Il était Suisse

Né en 1904 à Plainpalais, Jean André Tschumi fut l’un des plus grands architectes suisses et internationaux du XXe siècle. Installé à Paris à l’orée des années 1920, il partagea ensuite ses activités entre la France et son pays d’origine. Pendant dix-huit ans, il fut également professeur à l’École polytechnique fédérale de Lausanne, école à laquelle il donna un rayonnement international.

 

 

N°2. Il était un architecte «corporate»

Décédé en 1962, Jean Tschumi nous a laissé des bâtiments remarquables. Son nom est attaché aux laboratoires industriels pharmaceutiques et à des sièges d’entreprise. Après la Seconde Guerre mondiale, il développa en effet une architecture «corporate» visant à valoriser l’image des compagnies et à incarner dans les bâtiments le prestige des sociétés.

 

© Cité de l’architecture & du patrimoine - photo Frédéric Delangle.

Jean Tschumi a construit des usines et des laboratoires Sandoz à Orléans, Noisy-le-Sec, Saint-Pierre-La-Garenne, Paris. Ici, l'usine en béton et verre d'Orléans construite entre 1945 et 1953. Elle a fait l’objet d’une labellisation Patrimoine du XXe siècle en 2015. Voûtes de l'étage sommital.

 

© Cité de l’architecture & du patrimoine. Photo Christian Richters.

Jean Tschumi bâtit le quartier général de Nestlé entre 1956 et 1960.

 

© Cité de l’architecture & du patrimoine. Photo Christian Richters.

Le siège de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), mesurant 152 mètres de longueur et 35 mètres de hauteur. Jean Tschumi a remporté en 1960 le concours lancé pour la construction de l’OMS. Le bâtiment a été achevé quatre ans après sa mort.

 

N°3. Il était moderne

Jean Tschumi était un ambassadeur du mouvement moderne, courant qui domina l’architecture au cours de la première moitié du XXe siècle. Associant béton armé, pilotis, claustras, brise-soleil, son expression structurelle le place dans la lignée de Le Corbusier, même si Jean Tschumi n’a jamais reconnu en être prosélyte. Son architecture évoque également le classicisme rationaliste inculqué par Auguste Perret et le style international développé par les Nord-Américains à travers la réalisation de façades rideaux en verre et acier dans les années 1950. Ses bâtiments sans ostentation et d’une netteté absolue ont été plébiscités pour leur élégance.

 

N°4. Il avait une approche complète de l’architecture

En plus de ses études d’architectes, Jean Tschumi suivit une formation d’urbaniste et une formation auprès de l’École nationale des beaux-arts. Sa carrière a toujours été enrichie par de multiples activités. À ses débuts, autour des années 1930-1940,  Jean Tschumi dessine  des meubles et monte son propre atelier de décoration avec l’ensemblier Emile-Jacques Ruhlmann. En parallèle, il participe à plusieurs concours d’urbanisme pour l’aménagement des circulations dans le sous-sol de Paris, l’aménagement de Lausanne, l’extension de Renens…

 

Par la suite, cette ouverture d’esprit se traduira dans son architecture qui intégrait les arts, le paysage, le mobilier, les couleurs et la lumière.  Jean Tschumi se fondait sur une longue étude d’ensemble et de détails et poursuivait la quête d’un art total. La qualité de ses bâtiments tenait souvent autant de la structure que de l’aménagement qu’à la mise en valeur paysagère du cadre alentour.

 

© Cité de l’architecture & du patrimoine. Photo Christian Richters.

Entouré de grands cèdres, le siège de la Mutuelle Vaudoise Accidents à Lausanne fut construit entre 1951 et 1956.

 

© Cité de l’architecture & du patrimoine. Photo Christian Richters.

Détail du hall d'entrée.du siège de la Mutuelle Vaudoise Accidents à Lausanne.

 

N°5. Il est le père de Bernard Tschumi

 

Jean Tschumi est le père de l’architecte franco-suisse Bernard Tschumi qui vit et travaille entre Paris et New York. On doit notamment à ce dernier des pavillons du Parc de la Villette à Paris, le Musée de l’acropole à Athènes et le siège de Vacheron-Constantin à Genève. 

 

 



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