The anti museum

Art

Culte de l’anti-art

Inspirée par Jean Tinguely, l’histoire vivace de postulats artistiques radicaux compilée dans une copieuse anthologie illustrée de l’anti-musée.

Le centre d’art Fri Art et Koenig Books viennent de copublier un ouvrage réalisé par Mathieu Copeland et Balthazar Lovay intitulé The Anti-Museum. La vaste anthologie The Anti-Museum présente ainsi dans près de 800 pages l’histoire richement illustrée de photographies, de croquis, d’images d’archives et de textes manuscrits de postulats radicaux. L’ouvrage (en anglais) plonge le lecteur dans les formes sans cesse renouvelées de l’anti-art. 

Jean Tinguely est l’une des sources de ce projet d’édition. À l’occasion du 25e anniversaire du décès de l’artiste à Fribourg, cette même ville a été le théâtre, tout au long de l’année 2016, d’un vaste programme de célébrations (Tinguely2016). Le centre d’art Fri Art, invité à son tour à rendre hommage au plasticien, avait alors eu l’idée de décliner une notion chère à l’artiste, celle de l’anti-musée. Dès le début de sa carrière, Tinguely s’était intéressé à ce concept et son ultime volonté avait été de créer le Torpedo Institut. Soit, un anti-musée établi dans un immense espace industriel situé à La Verrerie, dans la campagne fribourgeoise. 

Ceci n’est pas un fait unique, bien au contraire. La posture qui consiste à contester l’art par ses propres moyens correspond à un besoin des artistes de remettre en cause les conventions artistiques, culturelles et politiques de leur temps. Pour cela, le centre d’art Fri Art, en collaboration avec Mathieu Copeland, un commissaire d’exposition basé à Londres, a réactivé la notion d’anti-musée avec un geste curatorial radical. En effet, d’août à novembre 2016, l’institution a présenté une « Rétrospective d’expositions fermées ». Le public a ainsi pu découvrir successivement onze manières différentes de clore l’espace d’exposition par des artistes. Chaque geste étant une oeuvre à part entière, donnée à voir durant sept jours. 

Les pièces réactivées à Fri Art avaient été conçues par des artistes entre 1964 et 2016. Chaque obstruction avait sa spécificité. Par exemple, Daniel Buren en 1968, pour sa première exposition, avait recouvert de ses célèbres bandes verticales la porte – et non les murs – de l’Apollinaire Gallery à Milan. Alors qu’en 1989, Maurizio Catelan, pour sa première exposition également, avait pris le même parti de clore l’espace, mais en laissant simplement la formule « torno subito » (« de retour tout de suite ») sur la porte de la galerie.

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Art / 17 Feb 2017

Texte: Josiane Guilloud-Cavat

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