Les résidences secondaires sont de plus en plus difficiles à construire, mais certains architectes prennent les choses en main, proposant des projets de petite taille.

 «J’ai un château sur la Côte d’Azur, disait Le Corbusier, qui fait 3,66 par 3,66 mètres. C’est pour ma femme, c’est extravagant de confort, de gentillesse.» Il évoquait alors son Cabanon de vacances à Roquebrune-Cap-Martin (1951-1952). Bien des années plus tôt, l’essayiste américain Henry David Thoreau avait écrit ses réflexions sur une vie simple menée loin de la société dans «Walden ou la vie dans les bois» (1854). La cabane de Thoreau, qu’il a construite lui-même pour la modique somme de 28 dollars, avait une superficie de 14 m2. Pour l’architecte comme pour l’écrivain, une petite cabane au bord de l’eau symbolise une sorte de retour aux sources, voire un rejet des extravagances de la société. Tous deux ont cherché, pour des raisons différentes, les dimensions et le degré de confort minimums nécessaires pour l’existence. La popularité des petites cabanes souvent situées dans des lieux reculés, mais parfois réalisées avec une grande attention aux détails et à la qualité, ne fait aucun doute aujourd’hui. Les plus grands architectes du moment, tel Renzo Piano avec sa cabane Diogène qui ne fait que 7,5 m2 (Weil am Rhein, Allemagne, 2013), s’aventurent aussi dans ce domaine où, une fois n’est pas coutume, le but est de faire le moins possible.

Architecture / 14 Janvier 2015

Texte: Philip Jodido

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